Les pièces de Jean-Baptiste Bonillo ont un caractère extrême et transgressif. Sans doute
en réaction à l’autorité qu’il considère comme « un stress et une pollution qui t’éloignent de
ce que tu es et t’empêchent de connecter tes potentiels ». De l’apprentissage de la danse à Lyon, il garde une sainte horreur du formatage et l’envie de répondre à la rigueur par la
provocation et l’émotion. Le travail chorégraphique qu’il commence à développer en 2000,
désormais sous-tendu par son activité de kinésiologue, se construit contre l’éducation
familiale ou artistique et creuse la problématique de l’identité. Kill the baby / save the food oscille entre soumission et révolte et met en scène les mécanismes de l’autorité et de l’asservissement
[gavage aux bonbons jusqu’à vomir pour dénoncer la carotte]. Trois danseurs
marchent d’abord en file indienne. Puis chacun s’adonne à des actions sous contrainte avant
de tenter de faire sauter les cadres pour libérer corps et pensée. Tandis que Julien Andujar
empile les couches de tee-shirt, comme autant d’obligations, d’entraves, de codes sociauxà intégrer, Jean-Baptiste Bonillo se met [à] nu comme pour dire voilà qui je suis, et répond aux
pressions qui l’immobilisent par un jeu de couteaux de nature à le mettre en danger. Réactif
aux institutions, il dit avoir apaisé ses colères. Le solo sur lequel il travaille actuellement
se construit avec des outils thérapeutiques. Il y danse sous hypnose, en état de transe. Une
expérience peu anodine susceptible de révéler d’autres pans inconnus de soi. |
Jean-Baptiste Bonillo’s creations are of an extreme and transgressive nature. They are
doubtlessly a reaction to authority which he perceives as « a source of stress and pollution
that distances us from who we are and prevents us from connecting with our full
potential ». Since his training as a dancer in Lyon, he has continued to abhor formality and
to use provocation and emotion in response to discipline. The choreographic work he began
in 2000, which is now underpinned by his work as a kinesiology practitioner, is a construct
against education in the family or in art and opens up the issue of identity. Kill the baby / save
the food oscillates between submission and revolt, bringing to light the workings of authority
and servitude [being stuffed full of confectionary and throwing up in order to denounce
incentives]. First of all, three dancers walk in a single line. Then, acting under constraint, each
tries to find a way to destroy the framework and free the body and mind. As Julien Andujar is
piling up t-shirts, which could stand for obligations, restrictions and acquired social codes,
Jean-Baptiste Bonillo removes [his] clothing as if to say this is who I am, and reacts to the
pressures that restrict his movement by playing a dangerous game with knives. In response
to institutions, he says that his anger has abated. The solo piece he is currently working on
incorporates healing practises. He dances under hypnosis, in a state of trance. Anything but
banal, this is an experience that may lead to the discovery of unknown sides to the self. |

Compagnie crée en 2000
Avec
Conception : Jean-Baptiste Bonillo.
Performance & Chorégraphie : Mélanie Nézereau-
Paquemar, Julien Andujar, Jean-Baptiste Bonillo.
Mix Live : DJ Lolita.
Lumières : Guillaume Luquet.
Expériences
2009 : Palimpseste, travail d’écriture en solo [en
cours].
2007 : Création de Kill the baby / save the food.
2001 : Présumée innocente, solo.
2000 : Moi, personnellement, je..., work-inprogress
[repris en 2005].
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