Biennale des jeunes créateurs

Skopje 2009 [République de Macédoine]
Sélection France Sud >
Montpellier > Arts Visuels [Photographie]

Fabrice d'Alessandro
Né en 1978

Série « Out of nowhere » 3 tirages numériques sur support trévira - 100x100 cm - 2007
Série « Out of nowhere » 3 tirages numériques sur support trévira - 100x100 cm - 2007

Il a arpenté l’Asie pendant six mois. Chine, Thaïlande, Mongolie, Vietnam, Malaisie... Noctambule attiré par les mégalopoles, les lieux névralgiques, les boîtes futuristes, les endroits sordides, il a d’abord « shooté » les villes la nuit. Mais pas en pleine agitation. Cherchant plutôt l’accalmie entre deux moments d’effervescence, les points morts d’une fureur urbaine qui s’est endormie et ne s’est pas encore levée. Entre 4 h et 6 h du matin. Pour saisir les vides et mieux faire ressortir un sentiment de solitude malgré la densité des populations. Il a ensuite traversé un passage à blanc où l’image est un vide saturé de brume et de neige, un écran de fumée. Puis a ouvert en 2006 sans l’avoir encore refermée, la série Out of nowhere dont sont issues ces trois photographies. Plus de nuit, mais un jour vif et des couleurs piquées. Toujours du vide, et de l’épure graphique. Des paysages, des lignes et pas d’humains. Des jeux d’ambiance. Des photos sans contexte laisséesà l’imaginaire. Un calme et un ordre trop beaux pour ne pas être inquiétants. La scène en devient irréelle et étrange. C’est « un potentiel théâtre du crime » dit-il. Un interstice d’où pourrait surgir la pulsion. Peut-être pour contrarier le fait qu’il prémédite ses clichés et ne se voit pas comme photographe de l’instant. Cette série est tirée sur du tissu polyester selon un mode d’impression appelé « sublimation ». Décorateur de métier, créant surtout dans le domaine de l’installation avant d’en venir à la photo, il a découvert ce procédé d’impression en travaillant sur la scénographie des meetings de Ségolène Royal pendant sa campagne présidentielle. Art et politique, qui s’imprime sur qui ?

He travelled all over Asia for six months. China, Thailand, Vietnam, Malaysia... This night owl’s attraction to the megapolis, nerve centres, futuristic clubs and seamy joints, first led him to « shoot » the cities by night. But not their hustle and bustle. Looking for the lull between two periods of effervescence, the reprieve from urban frenzy when the city is still asleep and before it awakes. Between 4 am and 6 am. To capture the emptiness and bring out a sense of solitude despite the population density. He then went through a phase when he was at a blank and the image became a void, saturated with mist and snow, a smoke-screen. Then, in 2006, he opened the series Out of nowhere even if he had never really closed it. These three photographs are part of that series. No more night shots, but bright daylight and foxed colours. The void is still there, as is the graphic refinement. Landscapes, lines, no humans. A play on atmospheres. Photos devoid of context, left up to the imagination. A calm and order that are too perfect not to be disturbing. The scene thus becomes unreal and strange. In the artist’s words, « It is potentially a stage for crime ». A gap through which an impulsion may emerge. Maybe to counteract the fact that he meditates on his pictures in advance, and does not consider himself a photographer of the present moment. This series is printed on polyester fabric using a method called « sublimation ». Trained as a decorator, he worked primarily on installation pieces before taking up photography and discovered this printing process when working on the scenography for Ségolène Royal’s rallies during her presidential campaign. Art and politics, whose imprint is left upon whom ?

Formation
2004 : Diplôme national supérieur d’expressions plastiques [avec mention] à l’école de Dijon.

Expositions
2008 : Exposition collective Arts amis à Saint- Brisson-sur-Loire.
Exposition personnelle Checkpoint à Dijon

création et réalisation Laurence Fillon [espaceculture]