La structure, coiffée de miroirs circulaires, reflète à elle-seule les multiples référents
contenus dans le travail de Cédric Jolivet, jouant sur la circulation et la manipulation des
matériaux et des informations, sur les glissements de contexte et de sens. Comme le totem
de l’Homme branché et relié, l’oeuvre General.Space.Mobility évoque les antennes relais des
téléphones mobiles et les miroirs qu’elle comporte ont tout l’air de paraboles. Ces objets
de transmission et de réception ont intégré nos paysages et leur portée élargit les limites
de nos espaces familiers à un monde bien plus vaste. Voies virtuelles, ils sont liés aux
technologies de la communication et constitutifs de réseaux. À son échelle, la pièce est un
miroir à ces fonctions. Elle capte et renvoie les alentours, relie les éléments qui s’y trouvent,
fait converger les regards, en souligne la fragmentation. Bombés et amovibles, les miroirs
multiplient les angles de vue. On pense aux miroirs du réseau routier servant à franchir
un carrefour ainsi qu’aux glaces anti-vol des magasins, vigies qui ont l’oeil sur tout. Le jeu
d’analogie des formes et de mise en abîme continue avec la pièce White Handling, constituée
de ronds blancs posés au sol, à l’inspiration plus architecturale. Puits imaginaires, trous
stylisés, points matérialisant un parcours, ces ronds moulés dans le plâtre renvoient aux
matériaux du bâtiment et de l’industrie. Alors que d’autres ronds tracés avec du charbon de
bois, déplacent le travail vers le dessin. Volume et plat, global et détail, norme et singularité,
Cédric Jolivet fait cheminer les oppositions. À la fois installation, sculpture, peinture, ses
pièces fonctionnent ensemble, sont facilement démontables et réfléchissent tous les
environnements. |
The structure itself, with its adornment of circular mirrors, reflects the numerous referents
in Cédric Jolivet’s work, playing on the movement and manipulation of materials and
information as well as the shifts in contexts and meaning. Like a totem of Man connected to a
network, the piece entitled General.Space.Mobility is evocative of a mobile phone relay tower
with mirrors that look like satellite dishes. These transmitters and receptors have become
part of our landscapes and their range has widened considerably the extent to which we feel
we are on familiar ground. Such virtual pathways are linked to communication technologies
and make up networks. At its own level, this piece of work mirrors these functions. It both
captures and reflects its surroundings, linking up whatever elements are there, bringing
together various focus points and underlining their fragmentation. Rounded and removable,
the mirrors provide multiple points of view. They conjure up the mirrors in the streets, at a
crossroads for instance, or the security mirrors in shops that watch down like all-seeing eyes.
The play on analogy and mise en abîme continues with a more architectural piece entitled White Handling which is made up of white circles lain upon the floor. Imaginary wells, stylised
holes, points that give material form to a distance covered in space, the circles are made
of moulded plaster, a material redolent of the building trade and industry. Other circles, in
charcoal, shift the work towards the art of drawing. Cédric Jolivet plays with oppositions, with
volume vs surface, globality vs detail, the norm vs the particular. Not only installation work
but also sculpture and painting, his pieces work together, are easy to take down and reflect
any environment they are placed in. |