Hamlet Exhibition
Mise en scène : Thomas Gonzalez, Assistant : Gurshad Shaheman, avec : Florence Coudurier, Rodolphe Blanchet, Pierre-Franois Doireau [sous réserve].
« Hamlet » est une oeuvre du répertoire, elle appartient au domaine public, donc elle est à la disposition de tout le monde. Combien de textes, combien de mises en scène et de situations de jeux ? Le propos de Thomas Gonzalez est de revisiter la figure d’Hamlet à travers ce qui a été écrit et joué, mais aussi à travers ce qu’il imagine ou comment le personnage d’Hamlet évoluerait dans le monde d’aujourd’hui. « Cette figure de jeune homme fragile jusqu’à la pathologie est un peu, on veut bien le croire, une figure possible d’une jeunesse qui tente de se positionner face à un monde du tout convertible et du tout échangeable ».
« Hamlet exhibition » n’est pas une pièce jouée dans son entièreté comme on suit un livret. C’est un essai sur des moments de dramaturgie, des restes de maquillages anciens, des postures et des figures qui s’inscrivent aussi dans une recherche plasticienne. Il y a beaucoup de références dans le travail de Thomas Gonzalez : Peter Sellars, Christian Boltanski, Vladimir Holan, Heiner Muller... Le théâtre n’a pas de frontière, il dispose de ce qui lui convient. Prétendre à la mise en scène, c’est une liberté phénoménale, une écoute et une curiosité qui dépassent l’entendement pour qui veut bien s’en donner les moyens. « Hamlet exhibition » est un objet où rien n’est fermé, où tout peut rentrer. Une expérience du théâtre qui pose les bases pour des travaux en devenir. Une recherche ambitieuse qui a le mérite de ne pas se cacher.
Texte Karim Grandi |