Accompagnée de Christophe Arlt
Partir, c’est une manière de s’écarter de ses origines pour les retrouver dans le bon sens. Sophie Gonthier vit à Berlin. Comme beaucoup d’artistes français, elle s’est installée dans cette ville chargée d’histoire. Il y a le poids de la guerre, le mur, Charlie’point et au milieu de tout ça, une culture alternative et underground qui traverse les âges et les générations : Christiane F, Nick Cave, Neubauten, Wim Wenders... Sophie a joué sous le pseudonyme de Rainer Maria et désormais de Satan Maria. Elle chante en français et en anglais, parce que ça lui vient naturellement, parce qu’elle souhaite sortir la langue française de son aristocratie et de ses clivages. Elle partage son temps avec des allemands, des anglais, des américains, des italiens, des français... Ce qui ressort de ce mélange, c’est un travail à l’énergie, une joie de vivre. Prendre les choses comme elles viennent, découvrir Berlin dans ses moindres recoins et avancer loin de toute inhibition, même si le sud de la France lui manque. Il y a une identification au groupe, au concert dans tous les lieux possibles et un désir d’être distribuée dans les bacs, parce qu’acheter un vynile et l’avoir dans les mains, c’est un plaisir rare. Sa musique s’imprègne de l’évolution du genre « rock » avec des croisements dans la musique électronique. La voix s’étire à demi étouffée, puis beaucoup plus présente dans les hauts, avec des sonorités proche de Sinnead O’Connor. La guitare invente la mélodie et la dramatique, la légèreté et l’apesanteur. Les textes parlent du désir, des angoisses, du rêve éveillé, d’une manière de dire « je » ici et maintenant.
Texte Karim Grandi |