Accompagné par Sven Mazel, régisseur technique - ingénieur du son de formation [EBS]
Le travail de Mathieu Hours, c’est d’abord une ballade en extérieur. A l’affût du bruit de la ville et du temps. Mathieu enregistre des sons concrets. Un micro directionnel pointe un détail au milieu d’un ensemble : la pluie, le bruit d’un moteur, une voix. Le sample est aussi un passage dans ses compositions : le roulement d’une batterie, les vibrations d’une membrane. L’ensemble dégage une atmosphère, une énergie. Comment la retranscrire, comment la diffuser ? Mathieu a suivi une formation d’informaticien et de programmateur, puis un cursus d’ingénieur du son et des cours au Conservatoire de Marseille. Il travaille sur l’ampleur du son, de sa prise à son écoute. Son projet pour la Biennale s’intitule « OCTO ». C’est une utilisation de l’espace [l’auditorium] par le jeu de la musique électroacoustique. Comment inventer une spatialisation et dans quelle situation l’auditeur se retrouve-t-’il ? L’interprétation des pièces se fait à l’aide d’un écran tactile permettant de diriger le son vers les différents hauts-parleurs. Nos sens sont affamés, curieux de ce qui nous attend et de ce qu’on est venu chercher. C’est sur cette excitation que travaille Mathieu Hours, d’abord en écoutant ses envies et ce qui le guide pour son avenir, puis en restituant ce plaisir aux autres. Dans l’art du son, il y a le plaisir du relâchement, du mystère de l’oreille interne, du parcours invraisemblable que prend une onde. L’aigü, le grave, le diffus, le rêve d’une peinture invisible se calque sur le parcours d’un mystère, une promenade dans le vide.
Texte Karim Grandi |