Le dompteur [installation vidéo, 2006] |
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Quelle relation entre le langage et l’image ? Que peut le corps pour les mots et inversement ? Pierre Andrieux travaille une posture : sa voix dirige un personnage [lui-même] par le biais d’un micro et d’un écran vidéo. L’ordre est fonction du volume sonore : il dirige, il ordonne, « assis ! saute ! ». Si l’orateur crie, le personnage s’envole. Le corps filmé devient une marionnette, un pantin en suspension. Dans la performance « Le dompteur », il est question de la place du cinéma d’hier dans l’art d’aujourd’hui ou comment les montages et l’esprit burlesque de Buster Keaton trouvent leur place dans l’interactivité, le logiciel, l’interface. Dans un monde où tout est possible depuis le premier homme sur la lune, les premiers pas du cinéma servent de répertoire. On y puise des astuces, des parcours du corps, des vitesses, des rythmes. Avec les mots, Pierre Andrieux invente une situation ; avec cette situation, il provoque un aller retour, un comique de répétition où la question « qui est le dompteur de qui ? » s’affirme [un burlesque de l’existence]. Le plasticien devient acteur, homme-machine. Le jeu du micro impose une grandeur, un volume dans l’espace, la projection sur l’écran renvoie à un ailleurs. Entre le proche et le lointain, le corps de Pierre Andrieux passe du réel au virtuel, du sonore au visuel : un art de la sensation et du présent. Dans le cinéma muet, le piano accompagne la projection du film et participe à la dramaturgie. Ici, les mots reprennent le pouvoir sur l’image. « A partir d’un jeu de langage, je mets en place une réalité plastique ».
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